@montebourgJ’étais invité hier matin, (le 25 juin 2013) à l’assemblée générale de l’Electronic Business Group (#EBG) à la cité de la mode. Pour ceux qui ne connaissent pas, l’EBG est le principal club d’affaires de l’économie digitale en France (http://www.ebg.net/who_we_are/presentation.php ).

 

Il y avait parmi les intervenants, pas mal de beau monde : citons notamment Stéphane Richard, Xavier Niel, Maurice Levy et Arnaud Montebourg. Parmi ces VIP, seul le ministre du redressement productif est présent sur Twitter avec un compte totalisant plus de 150 K followers ce qui le place dans le top 5 des politiques les plus suivis sur Twitter en France.

 

Comte tenu du secteur et de la sociologie des professionnels présents, il m’a semblé évident que le « Live Tweet » de l’événement allait être riche et intéressant à suivre. @monteboug étant donc le seul VIP présent sur Twitter, ma curiosité m’a poussé à voir comment lui même et/ou son cabinet allait couvrir sa participation à l’EBG.

 

Eh bien, non rien du tout. La timeline du ministre est restée totalement muette sur sa participation à l’EBG. Pas un tweet en amont pour l’annoncer, pas un tweet pendant pour la commenter, pas un tweet en aval pour en rendre compte.

 

La manifestation a été copieusement « live tweeté » par les participants : j’ai recensé jusqu’à midi près d’un demi millier de tweets avec le #EBG. Dans ce cadre, le traitement online de l’intervention du ministre aurait pu être anticipé. Il y avait là pour Arnaud Montebourg un enjeu de relation presse et plus globalement un enjeux politique : la salle ne lui étant pas particulièrement acquise, il avait tout intérêt à être présent sur Twitter là où se joue désormais en partie la cristallisation de l’opinion des faiseurs d’opinion.

 

Non seulement, le ministre n’a posté aucun tweet (mais me direz vous, il ne peut pas parler et tweeter en même temps, je vous l’accorde !) mais pas davantage ses deux attachés de presse (dont l’une est pourtant présente sur Twitter) ou le compte du ministère (@redressement ) n’a pris le relais.

Notez bien que je ne dis pas cela parce que c’est l’EBG. Je n’ai aucune vénération d’aucune sorte pour cette association. Il y a juste qu’une analyse de la nature de l’évènement aurait dû conduire à prévoir un dispositif spécifique.

Les participants eux, ne se sont pas gênés pour live tweeter les propos du ministre et certains ne l’ont pas ménagé ! Si dans la salle, l’un des participants avait apostrophé le ministre, celui ci aurait probablement pris la peine de lui répondre. Pourquoi n’en serait-il pas de même sur Twitter ?!

Car en effet, durant son intervention, le ministre a été cité, mentionné, interpellé, chahuté sur Twitter dans un certains nombre de tweets. Quand on est présent sur Twitter, ce n’est pas seulement pour parler, cela serait trop réducteur. Il y a donc lieu de jouer le jeu des échanges et du dialogue en répondant à minima aux @mentions.

Or, force est de constater que jusqu’à présent, cette dimension conversationnelle est totalement absente des usages du ministre.

Histoire de ne pas critiquer pour critiquer, je finirais par une reco :

 

Voilà à mon sens, ce qui aurait pu et du être fait :

 

1 / En amont, annoncer la présence du ministre en adressant spécifiquement certains journalistes spécialisés. Compte tenu de la manifestation, certains médias « pures players » auraient pu être ciblés : rue89, Slate, Mediapart, Atlantico, mais également une presse techno & digitale plus spécialisé : FrenchWeb, l’Atelier, RSLN, Jdnet, etc.)

2 / Pendant : Live tweeter les éléments saillants du discours du ministre.

3 / Pendant toujours, faire en sorte de Retweeter certains tweets mentionnant le ministre.

4 / Pendant toujours, répondre aux tweets mentionant le ministre.

5 / Pendant, toujours, faire un minimum de LT avec des photos et citer les principaux autres speakers.

6 / En aval, enfin, faire sur le blog perso du ministre (www.arnaudmontebourg.fr) un billet « récap » d’une sélection de tweets et d’échanges. Bon, mais pour cela, il faudrait que le site ne soit pas en page 404 ce qu’il est depuis hier :-(

En résumé, à l’heure actuelle, la stratégie d’utilisation du ministre ne dépasse pas le présentéisme qui consiste à faire du vieux (de la com Top>>Down) avec du neuf (Twitter). Ceci alors que Twitter offre pourtant une tribune et un espace de dialogue bien plus riche si on veut bien s’y consacrer sérieusement. Compte tenu des caractéristiques sociologiques actuelles de la twittosphère française,  Twitter doit être considéré à la fois comme un terrain à part entière pour les Relations Presse et plus globalement comme un espace politique à part entière.

Et pour çà, pas besoin d’attendre 2017.

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