Après mon billet du mois dernier sur la présence des ministres sur Twitter, je m’attaque aujourd’hui aux ministères ! Je me suis en effet rendu compte lors de mes recherches, qu’au delà des Politiques intuitu personae, la présence institutionnelle des ministères se développait également sur la plateforme de micro-blogging. J’ai donc entrepris de les recenser.

 

Sur les quinze ministères que compte le gouvernement actuel, on recense six ministères présents sur Twitter avec un total de 11 comptes. Le ministère de l’Emploi, du travail et de la Santé compte en effet 3 profils et la Défense également. Si ce mouvement n’est pas encore un raz de marée (désolé pour la métaphore), ce n’est plus un épiphénomène.

 

 

Petit panorama et état des lieux

 

Qui sont les plus suivis ?

Le ministère comptant le plus de followers sur son compte est le MAE avec 69 570 abonnés au 24 mars. Il est suivi, loin derrière, par l’Education Nationale (21 043 followers) et le ministère de l’Intérieur (8825 followers).

 

Qui tweete le plus ?

Les trois ministères le plus bavard sont Bercy avec 3821 tweets au compteur, suivi par le MAE (1588 tweets) et l’intérieur (1176 tweets publiés).

 

Stratégie d’abonnement

Si on veut jouer le jeu, sur Twitter, on vient autant pour publier que pour écouter. Çà manifestement, les ministères ne l’ont pas encore compris. A l’exception de Bercy qui suit près de 1000 comptes, la majorité des autres ministères présent ne suit personne ou alors seulement une poignée de comptes (très souvent d’ailleurs, ceux des autres ministères !) : De là à croire qu’ils n’utilisent Twitter que pour faire du « push » d’infos en provenance de leur site, il n’y a qu’un pas …

 

Stratégie de publication et de conversation : focus sur le MAE, Bercy et Beauvau

 

>> Quai d’Orsay

Prime au plus ancien, @Francediplo, le compte du MAE tire très bien son épingle du jeu : les Retweet sont fréquents, les replys un peu moins mais il y en a. Enfin, les hashtags (#) sont présent sur la quasi totalité des tweets. On remarquera également que le MAE entretient les échanges avec le réseau d’ambassades Françaises présentes sur Twitter. En résumé, le quai d’Orsay maitrise les codes de Twitter et les utilisent de manière pertinente. Seul petit bémol, on peut regretter que le partage d’infos ne soit pas étendu au fruit de la veille que le MAE doit effectuer sur la toile.

 

>> Bercy

Pas très loin derrière le Quai d’Orsay, on retrouve le ministère des Finances qui contrairement au ministère de l’intérieur a découvert les vertus des services de raccourcis d’URL ! (un peu d’entraide interministérielle ne nuirait pas J). Premier élément positif, Bercy dispose d’un fond de page personnalisé qui liste l’ensemble des sites et dispositifs du MINEFI sur la toile et les médias sociaux. Récemment, Bercy s’est essayé à la couverture « Live tweet » d’un colloque : c’est encore assez peu fréquent dans le domaine publique pour être signalé. On regrettera l’absence quasi totale de RT et de reply qui sont pour le moment l’exception et non la règle, c’est bien dommage.

 

>> Ministère de l’intérieur

1ère question à trancher : est-ce le compte du ministère de l’intérieur ou celui du ministre ?! J La question, vous en conviendrez n’a rien d’anodine. Sinon, initiative intéressante lors du 1er tour des cantonales avec une sorte de « Live Tweet » des résultats département par département. Bon, le problème est que tous ces tweets ont été diffusé le lendemain … L

 

En conclusion : il est urgent de dépasser le stade du « présentéisme »

 

Si certains ministères commencent à avoir un peu de recul et à consolider leur positionnement et leur stratégie de publication sur Twitter, la majorité des autres ministères en est encore au stade du « présentéisme » : ils y sont. Et s’en servent pour faire du « push d’infos TOP >> DOWN. C’est dommage car c’est faire du vieux avec du neuf.

 

Certes, Twitter n’est pas un outil évident à appréhender. Trouver le bon positionnement éditorial peut prendre du temps. Mais ce n’est pas parce que c’est « tendance » qu’il faut être présent sur Twitter mais parce qu’on a établi un vrai projet et positionnement éditorial : Quels objectifs ? Quelles cibles ? Quelle stratégie de publication et d’animation ? Enfin, quelle stratégie de conversation ? La gratuité de l’outil ne dispense pas de se poser toutes ces questions.

 

>> Cinq petits conseils pour pérenniser sa présence sur Twitter

 

1 / Clarifier le projet éditorial (et la place du ministre !)

2 / Adopter les codes et usages en vigueur sur Twitter

3 / Ne pas parler que de soi mais partager le fruit de sa veille

4 / Engager la conversation (oui, c’est nouveau et vous n’avez pas l’habitude ! Mais avec un peu de persévérance, vous y arriverez !)

5 / Ne pas limiter l’usage de Twitter au service communication (Vous ne voyez pas de quoi je veux parler ?! Contactez moi, je vous en dirai plus).

 

Retrouver la liste des ministères Français présent sur Twitter sur cette liste publique sur mon compte Twitter : https://twitter.com/#!/pargatruk/ministères

 

 

Une pensée sur « Les ministères sur Twitter : 1er état des lieux »

  1. Bonjour,
    Votre billet est très intéressant, il va incontestablement aider les ministères à progresser dans l’utilisation de Twitter.
    Petite précision pour « place_beauvau » : les résultats d’élections cantonales 1er tour ont bien été tweetés le soir même (20H à minuit) pour les résultats par département et 48 H 00 après pour la synthèse nationale par nuance.
    Un point que votre billet n’aborde pas : les difficultés que peuvent avoir les ministères dans la construction d’une stratégie de présence sur les réseaux sociaux… Être présent sur Twitter n’est pas anodin, cela revient à bousculer / remettre en cause assez fortement le mode de fonctionnement « classique » de l’administration ! Twitter s’accommode mal avec les circuits et les temps de validation qui sont ceux de l’administration…

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