A chaque élection depuis maintenant près de 10 ans, on proclame l’avènement du média Internet dans la campagne. En ce début d’année 2010, il y a fort à parier que les commentateurs nous expliquent qu’il s’agit de la 1ère élection « 2.0 ». En effet, la présence en masse des candidats sur les deux principaux médias sociaux a toutes les chances d’accréditer cette formule pour experts et journalistes en mal de formule !

A contrario du médiatiquement correct qui se féliciterait de voir nos hommes politiques débarquer sur Facebook et Twitter sans dépasser ce simple constat, une étude publiée sur Pargatruk.fr s’est attaché à analyser les stratégies de présence des candidats PS et UMP. Les résultats sont peu glorieux.

Focus sur les chiffres clés :

  • Présence sur Twitter

Sur les 44 candidats étudiés, 29 sont présents sur Twitter soit les deux tiers. C’est le premier enseignement de cette étude : après les sites et les blogs, les candidats ont ajouté Twitter à leur panoplie de campagne. L’effet d’entrainement aidant, il est d’ailleurs fort à parier que d’ici la fin de la campagne, d’autres candidats débarqueront également sur Twitter !

Stratégie de « Followers / Followés »

La plupart des candidats ayant ouvert leur compte sur Twitter à l’occasion de la campagne, les chiffres de followers ne sont pas encore significatifs. L’étude par pudeur :-) a choisi de ne pas les recenser. Côté stratégie de suivie (personnes suivies) notons que dans leur majorité les candidats ne suivent que très peu de monde voir personne. Outre que le fait qu’une telle posture soit maladroite, elle trahit leur posture : les candidats sont là pour relayer leur agenda de campagne pas pour écouter. Une telle posture a peu de chance de donner beaucoup de résultat en recrutement de followers.

  • Présence sur Facebook

Sur les 44 candidats étudiés, 43 sont présents sur Facebook, soit une écrasante majorité.

24 candidats sont présents par l’intermédiaire d’une Fan page

12 candidats sont présents par l’intermédiaire d’un profil perso

9 candidats sont présents par l’intermédiaire d’un groupe

A noter : certains d’entre eux cumulent les dispositifs (profil perso, Fan page, Groupe)

Palmarès des candidats comptant le plus de soutien sur FB (touts dispositifs confondus) :

N°1 : Ségolène royal avec une Fan Page comptabilisant près de 10 000 supporters. Notons tout de même que cette Fan Page n’est pas dédiée aux régionales, c’est le dispositif permanent de l’élue.

N°2 : Caroline Cayeux (UMP Picardie) avec 3 800 amis

N°3 : Valérie Pecresse (UMP IDF) avec 3600 supporters.

Les candidats sont donc présents en nombre sur les deux principaux médias, ok mais pour y faire quoi ? Pas grand chose de neuf, malheureusement.

Sur Facebook comme sur Twitter, la majorité se contente de copier coller liens vers leur site, communiqué de presse, Interviews dans la presse et agendas de campagne.

Sur Facebook, les prises de paroles sur la forme comme sur le fond sont profondément ennuyeuses, sans style (ou style télex). Bref, rien qui ne corresponde au style d’échanges que l’on peut y voir habituellement.

Seul phénomène intéressant sur Facebook, la manière dont parfois, les sympathisants se saisissent du Wall d’un candidat pour prendre la parole et commenter la campagne, contribuant par là même à animer son Wall.

A quelques très rares exceptions (ponctuelles) aucun candidat n’engage le dialogue avec les internautes sur ses pages Facebook ou Twitter. Les propos personnels sont l’exception et les réponses aux commentaires des internautes tout aussi rare.

Sur Twitter les RT sont très rares et les reply tout autant. Les profils ne suivent d’ailleurs en moyenne qu’un nombre très faible de personne, preuve s’il en était besoin qu’ils ne sont pas là pour dialoguer ou même juste écouter mais avant tout pour « pousser » leurs infos.

En résumé, les candidats se contentent de relayer sur FB et TW les infos de campagne dans une bonne vieille logique Top >> Down sans se soucier d’engager aucun dialogue avec leurs supporters et followers.

Malgré la nouveauté de ces outils (mais en fait, c’est peut être à cause) les candidats en arrivent à faire du vieux avec du neuf.

En fait, les candidats ne sont présents que parce qu’en cette année 2010, la dictature du médiatiquement correct contraint chacun à être présent sur les médias sociaux. Mais la démarche s’arrête là : y être. Pour faire comme les autres.

Aucun d’entre eux ne semble avoir pris la peine d’élaborer une stratégie précise d’utilisation des plateformes (A part l’équipe de Vauzelle qui a positionné Facebook sur la com grand publique et l’usage de Twitter sur les relations presse …) .

Alors, dira-t-on, cette élection 2010 aura été la 1ère à voir les candidats investir massivement les médias sociaux. Ils essuient les plâtres et ne peuvent que progresser. Moui, peut être. Quoique à bien y regarder … le web existe en France depuis une bonne grosse douzaine d’année (1997). Depuis toutes ces années les sites de candidats auraient pu / dû s’améliorer. Quand on voit la piètre qualité de la cuvée 2010, on est en droit d’être septique. Bref, cette élection régionale aura été l’année (zéro) des candidats sur Twitter et Facebook.

Une pensée sur « Régionales 2010 : l’année (zéro) des candidats sur Facebook et Twitter (3/6) »

  1. Tout à fait d’accord : dans la grande majorité, le présence en ligne des candidats est limitée à une chambre d’écho de leurs prises de parole et absolument pas à une quelconque écoute et encore moins à la conversation.
    C’est l’année du degré zéro, oui.

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